EN SOUVENIR DE LAURENT DAVY

Discours du Secrétaire du C.E. Francis MICHELET aux obsèques de Laurent DAVY Lundi 25 juillet 2016

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lundi 25 juillet

Laurent pourquoi nous n’avons rien vu ?

Nous nous sommes rencontrés en 1991 sur un chantier près de Lyon, tu revenais d’Afrique où tu as fait des chantiers depuis pratiquement tes débuts en 1979 avec Bernard.
J’ai pour, ma part tout de suite vue, la première de tes qualités, l’écoute envers les autres, nous avions traversé jusque-là des périodes fastes pour l’entreprise LINELEC et tu nous apprenais à régler à la lunette en nous expliquant les astuces pour régler des pylônes, nous avions du temps à l’époque, et nous avions, avec toi, déjà un formateur  sous la main qui nous montrait cela.
En 1992 la belle machine commence à s’enrayer et nous avons un premier plan social en 1993, un autre en 1995, puis en 1996 et nous nous posions déjà des questions sur notre avenir. La tempête de 1999 arrivée est là, notre client prend conscience que son réseau a besoin d’un sacré coup de réfection, il faut déjà des catastrophes pour qu’il y ait une prise de conscience, d’où des plans d’investissement sur 15 ans, ouf, sauvés.
Les 2 ans qui suivent, nous laissent encore dans une situation confortable, mais nous commençons à ressentir quelques problèmes de tensions au niveau de notre direction et certaines répercussions directes dans notre organisation.
Le monde aussi change autour de nous et devient de plus en plus individualiste.
La dégradation de notre entreprise s’est enclenchée, le métier de Lignard est en voie de banalisation dans la tête de certaines personnes et en 2005, rachat par EIFFAGE et on regroupe 5 entreprises en une, 5 historiques différents.
Il a fallu un groupe d’élus du personnel, dont Laurent, qui soit à la hauteur des enjeux, malheureusement certaines choses sont dénoncées, mais comme dans toutes négociations, il y a des compromis à faire, Laurent, avait déjà mis en avant certaines choses qui allait perturber les chantiers, la suppression de la prime de hauteur et la refonte de la grille des salaires ; c’était à l’époque un point de désaccord que nous avions, je crois que c’est le seul que nous ayons connu.
Nous nous disions des choses très franchement, malgré nos approches différentes, nous avions les uns envers les autres un respect mutuel.
Je viens de citer 2 qualités supplémentaires de Laurent, franchise et honnêteté.
La force de conviction de Laurent était impressionnante, quand il s’engageait dans quelque chose, il se donnait à 400% pour que cela fonctionne, et moi aussi je me servais de ton analyse sur divers sujets, j’ai beaucoup regretté, lorsque que tu es passé Cadre, que tu ne sois plus élu au Comité d’Entreprise, face à une direction qui nous entraînait vers un déclin social au service d’une rentabilité.

Alors, pourquoi ce geste ?

Pour tous ses collègues qui le connaissaient, Laurent, était la référence, s’ils avaient un souci, ils appelaient et Laurent était toujours disponible pour leur répondre.
Les salariés qui avaient un problème personnel pouvaient venir lui parler, il trouvait les solutions.
Pour tout le monde, Laurent, représentait la force tranquille, avec lui toujours une solution, quel que soit le problème.
Comment se douter qu’une telle chose arrive ? Pour ma part je n’ai pas forcément de réponse, mais reste avec des certitudes.

Après l’émotion, la colère.

Le monde vers lequel nous allons qui est construit par certaines « élites », qui ne voient que les côtés financiers, nous emmènent vers un monde de plus en plus aseptisé des vraies valeurs et où l’humain est devenu, un outil au service de la finance.
La perversité du système oppose les salariés entre eux et nous entraîne vers un individualisme qui n’arrête pas de progresser. Si quelques-uns font remonter un problème, ils deviennent le problème dans la tête d’autres salariés et bien sûr dans la tête de certains de nos dirigeants.

Les répercussions de ce style de pensée vont droit sur les gens du terrain qui subissent une pression de plus en plus forte, les gens qui sont aux commandes et qui nous donnent des chantiers sont complètement déconnectés des problèmes rencontrés, et ce qui me fait mal et que je dénonce depuis des années : c’est que rien n’est fait par nos propres dirigeants pour défendre leurs salariés, au contraire ils agissent pareil, j’en veux pour preuve, quand nous rencontrons certains d’entre eux sur des chantiers, c’est pour nous parler d’actionnariat et de sécurité, en mettant encore un peu plus de pression.
La pression est là de plus en plus forte, les délais imposés par le client, le côté administratif, tous les aléas de chantier qui viennent, le temps, le manque de personnel, les compétences  qui partent avec le départ de nos anciens, voire de certains à la concurrence où même chez le client directement, tout cela a un impact directe sur les chantiers et de ce fait impose une vie professionnelle surchargée pour les salariés.

Notre métier de Lignard, nous demande beaucoup de sacrifice, nous parcourons la France, voir l’Europe et même le monde, pendant des années au détriment de nos proches et de nous-mêmes. Si nous le faisons c’est parce que nous aimons notre métier et aussi pour gagner notre vie, et non pas la perdre.
Laurent, j’ai rien vu, on a rien vu.

Mais pour moi, un message fort a été donné  par ce geste tragique.
Il faut qu’il y ait une vraie remise en question de la part de nos dirigeants, nos patrons, notre client.

Pour ma part, je suis accablé, mais renforcé dans ma détermination à faire évoluer les choses, et resterai toujours disponible pour ta famille à qui je transmets toutes mes sincères condoléances.

Laurent. Tu resteras à jamais dans nos cœurs et nos pensées.

Salut Laurent mon collègue,
Salut Laurent  mon camarade .
Salut Laurent  mon copain.

 

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Mot de la Direction :

hommage

 

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